LE POUPET COMME VOUS NE L’AVEZ PAS VU !

 

La montée pédestre du mont POUPET en aveugle !

Non pas que le groupe (17 randonneurs pour L’ASSOCIATION VERCELLOISE CULTURE & LOISIRS  et 10 pour les VAGABONDS) ait été soudain atteint d’un trouble visuel collectif, mais parce que le brouillard déjà bien installé au départ de VERCEL s’est perpétué au moins jusqu’au point de départ de la randonnée,   bien décidé, apparemment à nous priver de panoramas d’exception.

Donc rando-rencontre avec les « vagabondeurs »  de GRANGE DE VAIVRE (Jura). L’attrait du POUPET a motivé les participants de l’AVCL   lavaisselle   malgré le départ avancé d’une heure. Mais j’ai eu l’assurance que les vaches de SURMONT n’avaient rien remarqué et donné gentiment leur lait comme tous les matins.

Notre itinéraire commence donc devant l’église du petit village de SAINT THIEBAUD (Jura) au pied du Mont POUPET, altitude 380 mètres. Petit mais pourtant scindé en deux  : le haut et le bas. L’église en haut (oui, Marie-Claude* il y a bien une église à SAINT THIEBAUD !) et la mairie en bas.

Une parfaite application de la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Et ça monte direct ! On passe devant l’école de vol libre, singularité de cette commune et on traverse en dévers les prés sur lesquels s’échouent généralement   parapentes et  deltaplanes, mais plutôt par temps clair.

On se retourne juste pour voir. Rien à voir ! Purée de pois totale.

Chemin assez raide ! On a vite chaud et les blousons sont rapidement rangés.

Chacun son rythme, sans voir plus loin que le bout de ses chaussures ou le dos du prédécesseur,  au bout d’une heure trente environ, on se retrouve en bordure d’une des six aires d’envol des parapentes ou nul parapentiste ne s’aventurera jamais aujourd’hui à moins d’être complètement illuminé.

Visibilité nulle. La falaise et le vide se devinent.

Le sommet qui  culmine à 851 mètres n’est plus très loin. On atteint une route qui mène à divers aménagements, aire de jeux, parc bikes et autres aires d’envol. Peu de circulation évidemment, vu l’épaisseur de la purée.

Si certains ont le souffle coupé, ce n’est pas par la vue ! Point de vue : Ni Mont Blanc, ni vallée, ni monts du Jura. Inutile donc d’aller à la table d’orientation ou au belvédère croix du POUPET. On pourrait juste en perdre certains…

On ne distingue même pas les trois antennes-relais dont le pylône le plus haut mesure 62 mètres.

La seule vue imprenable est sur les panneaux d’orientation. Le site est d’ailleurs fort bien balisé, façon FFRP (jaune) et non pas façon URV (jaune et bleu) comme dans le Doubs !

On constate que le GR 59, traverse le site et permet une autre approche de ce massif par le chemin  dit  « de l’Ane » depuis SALINS LES BAINS, un peu plus longue.

Notre position nous permet seulement d’admirer la flore locale et l’extrême diversité de plantes qui ont élu domicile ici, comme notamment les hêtres « tors », arbres assez rares, dont les troncs tortueux et les branches sinueuses forment des silhouettes fantasmagoriques dans la brume, et une espèce florale protégée,  la vulnéraire des montagnes, appelée localement « le pompon du POUPET ».

Plus facilement reconnaissable, Daniel, notre  guide rando-culturel, nous montre l’asperge sauvage qui commence à pointer son nez. C’est la bonne période.  Elle pousse au printemps, entre les giboulées et les giboulées, c’est pas ça qui manque !

Il nous apprend également que Louis PASTEUR réalisa en ces lieux des expériences sur la génération spontanée.  En effet, en 1860 le savant démontra que les microbes ne pouvaient pas naitre spontanément.

Le cortège s’étire. Tout le monde est là ?

Le circuit ayant été effectué à l’envers en prévision d’un abri pour le repas,  on emprunte ensuite un sentier en lacets, empierré et glissant qui nous mène à la cabane de chasse d’IVREY, grande cabane en bois, parfois même réservée pour les mariages, au moins un, prévu en juin prochain comme l’atteste le papillon collé sur la porte. Les mariés pourront faire la fête sans déranger les voisins…

Nos hôtes ont prévu pour l’apéritif du pétillant du jura et pour la suite rouge de CRAMANS.

Gaston déclame, avec sa verve habituelle un extrait de « Fou de la marche », un livre de Jacques LANZMANN concernant les effets bénéfiques.

Nous trinquons  alors à la santé de chacun et plus particulièrement  celle de notre président, Yves,  dont c’est la fête aujourd’hui.

L’ambiance est conviviale. On échange, on partage  fromage,  chocolat et petits gâteaux et en fin de repas la mirabelle de Christian circule. Avec ou sans sucre ?

Ménage rapide et l’on repart  par un chemin forestier bucolique pour atteindre IVREY, commune rurale pittoresque  de 60 âmes tout au plus, plantée au fond d’une étroite gorge baignée par un ruisseau, le ruisseau d’IVREY, affluent de la FURIEUSE qui se jette dans la LOUE.

Le temps s’étant dégagé, de là on peut contempler le POUPET qui nous domine et presque reconstituer notre parcours du matin sur les falaises.

Une pose s’impose tout naturellement à l’ancienne fontaine du bas, l’une des cinq fontaines du village d’où généralement coule en permanence une eau parait-il de qualité gustative exceptionnelle. On n’est pas sûr pour autant que les habitants ne préfèrent pas le vin. Les panneaux fixés par la mairie à l’intérieur du lavoir feront cependant couler divers commentaires sur les 34 listes proposées aux prochaines élections européennes… et d’autres fontaines permettront aux facétieux d’éclabousser…

La rue du POUPET qui traverse le village est bordée d’anciennes fermes rénovées avec de belles façades en pierre et des jardinets fleuris.

Il ne reste de l’hospice SAINT JACQUES qui existait au 17eme siècle que l’ancienne chapelle avec son chœur classé.

Témoin d’un mode de vie à présent disparu, un « travail », dispositif en bois conçu pour maintenir et immobiliser les chevaux et bœufs, en particulier lors du ferrage est installé derrière la « bascule », système de pesage lui aussi bien désuet.

Raccourci pour rejoindre SAINT THIEBAUD avant que les gros nuages noirs qui nous poursuivent ne nous rattrapent.  Qui dit raccourci dit souvent hors piste et encore plus souvent barbelés. C’est un rituel que l’on ne manque pas de respecter chez les VAGABONDS.

Quelques instants plus tard, un autre sentier en surplomb nous permet une vue sur les villages qui s’étalent au pied des rochers. On reconnait PORT LESNEY, MOUCHARD, GRANGE DE VAIVRE, RENNES SUR LOUE et on a enfin la vue que l’on aurait méritée un peu plus haut sur la plaine doloise. On  aperçoit même le fort SAINT ANDRE au dessus de SALINS LES BAINS.

Au terme du parcours, les podomètres s’accordent (16 km) et les premières gouttes arrivent. Juste à temps ! Malgré nos appréhensions, les capes de pluie ne sont pas sorties du sac.

Excellente randonnée, un peu  « brouillardeuse »  le matin malgré cette météo excentrique en ce mois de mai on a passé une bonne journée.

A Refaire, mais la prochaine fois avec luminosité !

Merci les VAGABONDS !

MICHELE CC

*C’est « la » Marie-Claude des VAGABONDS !

PS de Daniel : « Le brouillard a disparu après le repas. Ne seraient-ce pas les vapeurs de la mirabelle qui auraient chauffé l’atmosphère et nettoyé nos yeux ? »