AUTOUR DE PASSONFONTAINE

Il était écrit sur la feuille de route « RANDONNEE D’ENVIRON 15 KM ».

Toute la nuance est dans « L’ENVIRON » Mimi ! Et la nuance est variable…

La nuance est aussi dans les bleus du ciel de ce jour striés de traces d’avions.

La nuance est aussi dans la couleur des gilets… jaunes ou autres des randonneurs.

Dimanche venté et frais (6°) mais ensoleillé,  le présage d’une belle journée, nous sommes 19,  chaudement habillés pour cette randonnée dans la neige.

Le parcours a été partiellement reconnu 3 jours auparavant par l’équipe organisatrice : Michèle, Pierre et Yves. Equipe à laquelle s’est joint  Antoine qui connaît le secteur comme sa poche, vu qu’il a habité longtemps dans le coin, qu’il venait et vient toujours aux champignons et qu’il  a « ses » taches, mais qu’il ne nous en dira absolument rien …

On se gare au milieu du village et on prend la direction de l’étang du BARCHET. La neige n’a pratiquement pas fondu depuis le jeudi de reconnaissance. Le sentier est délicat, glissant par endroits. Accrochez-vous à vos bâtons ! Les chasseurs du groupe remarquent quelques traces de sangliers. Les sangliers remarqueront sûrement les traces d’un troupeau humain.

Nous sommes maintenant dans une ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique) nom barbare pour désigner un espace naturel inventorié en raison de son caractère biologique remarquable.

Cet étang correspond aux premiers stades de formation d’une tourbière.

Le site est protégé et réglementé.  Un panneau détaille  les oiseaux qui vivent dans cet endroit et affiche des photos de  d’énormes poissons, trophées  de pêcheurs chanceux.

L’emplacement abrite une flore typique et accueille un cortège exceptionnel de papillons et de libellules.  Mais ce jour, l’étang est gelé, la neige recouvre les végétaux et l’endroit est désert. On ne verra rien d’autre qu’un  paysage « canadien » à PASSONFONTAINE !

Un sentier de découverte de 6 km 6 traverse cette zone humide où croissent  genévriers, aulnes glutineux, sapins pectinés et  hêtres.  On l’emprunte à gauche sur une moitié avant de traverser la route et de suivre un sentier dans une forêt d’épicéas.

Promenons nous dans les bois…

Le sentier est « ouvert » certainement par les forestiers car en bordure,  s’alignent de belles piles de bois.

Il y en a quelques stères affirme Christian d’un œil connaisseur !  Ou plutôt quelques moules ! (ancienne unité de volume) renchérit Daniel. Et les deux d’évoquer d’autres mesures, agraires celles-ci,  d’un temps passé, voire dépassé : Les journaux et  demi-journaux. Par ces termes, point question de lecture. Ces anciennes mesures indiquaient en fait la quantité de terrain qu’un homme pouvait labourer dans un jour.

Et l’on continue allègrement en saluant au passage l’épicéa « président » colossal et fort en tour de taille.

Un peu plus loin, peu avant une maison isolée, est posé dans la neige un poste de télévision. Ecran plat, marque SAMSUNG. A coté,  une télécommande. Il  manque juste la notice !

Objet quelque peu incongru dans cette nature hivernale et silencieuse.

Il n’était pas là jeudi !

Quelqu’un l’aura certainement installé là pour permettre aux bêtes de suivre leur feuilleton préféré : la bêtise humaine.

Le même sentier toujours enneigé va nous conduire jusqu’à deux fermes : La Grange GOURMAND et la Grange MARLIER. Là on suit la route en direction des « CICON » (haut et bas). Il est midi ! On a faim !… il faut juste choisir un coin ensoleillé. Ce sera sur le mûr de la maison « DONAT » que vont s’aligner les randonneurs et les sacs à dos, en surplomb de  la vallée : dans leur écrin vert NODS, VANCLANS, RANTECHAUX. Au loin VERNIERFONTAINE dont le prétentieux clocher domine VALDAHON et  ses alentours.

Repas-café-carré de chocolat-une petite gnole pour la route (Christian, t’aurais-pas un sucre ?) et nous voilà repartis en direction de RANTECHAUX.

NON PAS TOUS ! Car Christine ne retrouve pas son mobile ! Est-il tombé du sac dans la neige ? S’est-il caché au fond du sac ou dans une poche de la veste ? Ou est-il ? Et comme il est en mode silencieux, on ne peut même pas le faire sonner pour le retrouver.

Seule solution : vider  le sac à dos.

Chose dite, chose faite. Sac retourné ! C’est fou ce que peut contenir un sac à dos ! L’utile, le nécessaire, l’indispensable et… un tas d’autres choses. Mais il n’est dans le sac à dos. Alors… Il ne peut être que dans une poche du blouson.  Janine appelle … Ah oui, il bourdonne doucement. Et il est là, dans une poche intérieure que jamais d’habitude elle utilise…Ouf ! On peut prendre des nouvelles de Jacky, convalescent depuis son opération. Il se repose sur son lit avec le chat. Tout va bien !

Puis on repart retrouver le groupe qui patiente un peu plus bas.

Traversée de RANTECHAUX l’une des communes fusionnées des « premiers sapins » qui s’étend au pied du Mont CICON.

Devant l’église de style gothique et  son clocher pointu, on tombe les gilets. La température est montée (il fait 14°).

A la sortie du village, à droite de la croix de fer dont les bras se terminent par des fleurs de lys plusieurs possibilités s’offrent pour rejoindre PASSONFONTAINE. Tous les chemins mènent à ROME n’est-ce pas ? Alors… allons y (mais non, pas à ROME !).

Parcours enneigé à nouveau entre coupes à blanc et plantations. Un joli sentier jonché de feuilles sèches dans une forêt de hêtres et d’épicéas nous ramène à une ferme proche de PASSONFONTAINE. Halte du paysan Daniel pour regarder,  s’assurer de… ou vérifier que …

Le lion de PASSONFONTAINE crache dans la fontaine. Le petit Louka, 10 ans, en vacances chez ses papy et mamie, ne résiste pas  malgré sa fatigue, à l’appel de l’eau…

On passe devant les plus belles maisons du village dont l’une, édifiée au XVIe siècle par Antoine VERNEREY est classée Monument historique depuis 1988 : fenêtre à meneaux et à accolades simples ou doubles,  dimensions imposantes. Dans la pierre, sous le faitage, est sculptée la croix de Saint Antoine, le bâtisseur, pas celui qui retrouve un objet perdu. On n’a rien perdu d’abord,  ni personne !

On n’a pas vu de loup ni de petit chaperon rouge mais on mangera quand même la galette préparée par Michèle, accompagnée d’un verre de jus de pommes d’ETALANS.

On reviendra sous peu c’est sûr, le tour de l’étang à d’autres saisons permettra de découvrir la flore promise.

Voilà, on va se quitter.  « L’ENVIRON » a dépassé la prévision… et aujourd’hui  c’est 2, 7 km de plus que les 15 km annoncés au départ donc presque 18 km au compteur pour tout le monde. Bravo Louka …

PS : au retour, Pierre récupère le téléviseur. Souci écologique ou velléités de bricolage ?

Aux dernières nouvelles, l’appareil aurait rejoint la déchetterie.

MICHELE CC