Sécheresse : une troisième vague de scolytes menace les forêts du Doubs

Grumes de résineux empilées en bord de forêt dans le massif du Jura
Photo : PRA, CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)

L’été a laissé des traces dans les forêts du massif jurassien. Une parcelle de culture est partie en fumée près d’Arçon et trois hectares de végétation basse ont brûlé à Chapelle-des-Bois, rapporte La Presse du Doubs dans son édition du 18 septembre. La sécheresse s’ajoute à une dizaine d’années de dépérissement : les scolytes, ces insectes qui s’attaquent aux épicéas affaiblis, ont pris de l’altitude et sévissent désormais sur la haute chaîne, après avoir ravagé les premiers plateaux.

Les ventes d’automne se sont pourtant bien tenues. « Les dernières ventes de bois se sont bien déroulées avec des lots d’épicéa partis à 100 euros le mètre cube et de sapin légèrement au-dessus de 90 euros le mètre cube », détaille Claude Courvoisier, maire de Villers-sous-Chalamont et président des communes forestières du Doubs, association qui fédère 57 % des communes propriétaires d’une forêt. Ce répit reste fragile : si la sécheresse persiste, l’élu redoute une troisième vague de scolytes.

Reste à savoir avec quoi replanter. Sur des sols parfois pauvres, les stratégies divergent : Claude Courvoisier défend des essences à croissance rapide comme le douglas, quand l’Office national des forêts mise sur la régénération naturelle. Le financement complique l’équation : après le plan de relance et France 2030, le dispositif France Nature Verte est suspendu depuis juin. Villers-sous-Chalamont teste, lui, le mécénat d’entreprise.

Ce que cela change pour les communes du plateau

Pour une commune rurale, la forêt n’est pas un décor. Claude Courvoisier le résume par une formule : « Le temps des riches communes forestières touche à sa fin. » Quand les coupes sanitaires s’enchaînent et que les cours fléchissent, ce sont les investissements de proximité qui trinquent : voirie, bâtiments communaux, animations. Le financement du repeuplement, lui, reste en suspens : France Nature Verte est suspendu depuis juin, et Villers-sous-Chalamont teste un mécénat d’entreprise, engagé sur trois ans, qu’un grand événement doit officialiser cet automne.

Le risque d’incendie, longtemps associé au Sud, concerne lui aussi les forêts du secteur. Le département du Doubs est classé en crise sécheresse depuis le 17 juillet, ce qui entraîne des restrictions d’usage de l’eau.