Sécheresse : la filière comté encaisse une baisse de production de 8 à 9 %

Une meule de comté AOP
Photo : Myrabella, CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)

La canicule et la sécheresse ne touchent pas que les jardins. La filière comté, dont le Doubs est l’un des territoires de production, encaisse directement la faible pousse de l’herbe. Réuni en conseil d’administration le 14 août, le Comité interprofessionnel de gestion du comté a fait ses comptes : la production a reculé de 8 à 9 % en juillet, et le bilan d’août devrait être comparable, après un printemps au contraire très favorable.

Faute d’herbe, les éleveurs complètent avec du fourrage. Certains ont pu puiser dans les stocks de 2024 et 2025, d’autres non, d’où des situations très hétérogènes d’une exploitation à l’autre. Le 18 août, la commission permanente de l’INAO a accepté plusieurs aménagements temporaires de cahiers des charges d’AOP, dont celui du comté : du maïs vert, qui n’était pas produit sur les exploitations de la zone, a ainsi pu être distribué dans quelques fermes de plaine.

Le contexte climatique n’est pas une surprise, mais son ampleur l’est. Le président du comité interprofessionnel, Alain Mathieu, rappelle que la filière a déjà traversé les canicules de 2018 et 2022, tout en prévenant que 2026 dépasse ce qui a été connu jusqu’ici si les pâtures ne reprennent pas. La campagne 2024-2025 avait établi un record, avec près de 62 000 tonnes de comté commercialisées.

Le Doubs reste par ailleurs classé au niveau crise sécheresse par arrêté préfectoral, le plus élevé du dispositif, avec des restrictions d’usage de l’eau toujours en vigueur.

Ce que ça change sur le deuxième plateau

Dans le Doubs, le comté fait vivre une partie de l’économie agricole locale, du lait livré aux fruitières aux emplois des fromageries. Une production en retrait de près de 10 % sur l’été, ce sont des volumes et des revenus en moins pour des exploitations qui doivent souvent acheter du fourrage ou du concentré.

Pour Vercel-Villedieu-le-Camp et les communes voisines, cela se lit aussi dans les champs : les repousses sont maigres et la question de l’eau, pour les troupeaux comme pour les cultures, revient au premier plan. Un dossier à suivre tout l’automne, jusqu’à la remise à l’herbe du printemps.