Pontarlier et le Haut-Doubs redoutent de manquer d'eau au robinet

Le lit asséché du Doubs à Maisons-du-Bois, dans le Doubs
Photo : Espirat, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Gérard Dèque, maire de Métabief et président de la communauté de communes Lacs et Montagnes du Haut-Doubs, prévient que l’alimentation en eau du robinet pourrait être compromise si la situation continue de se dégrader. « C’est très grave », résume l’élu. Il appelle les habitants à réduire leur consommation et à renoncer, entre autres, au lavage des voitures.

Les quelques pluies récentes ne compensent pas le manque d’eau de l’été. Elles donnent l’impression d’une amélioration alors que les ressources restent sous tension. Gérard Dèque évoque même un possible recours, à courte échéance, à des palettes d’eau et à un approvisionnement par camion pour couvrir les besoins minimums des communes en difficulté. La ressource du lac, elle aussi, baisse, et l’eau qu’il retient ne dispense pas d’économiser.

Le Doubs est placé en situation de crise sécheresse depuis le 17 juillet 2026, et le préfet a prolongé les restrictions jusqu’au 2 décembre. Dix-huit communes du département sont déjà alimentées en eau potable par camion-citerne. Dans le Haut-Doubs, cinq des huit puits qui alimentent le secteur de Pontarlier ont un débit réduit, et l’un d’eux est à l’arrêt.

Ce que ça change pour les habitants du plateau

Les coupures évoquées concernent surtout le secteur de Pontarlier, mais les restrictions, elles, s’appliquent à tout le département jusqu’au 2 décembre. L’arrosage des pelouses, des massifs fleuris et des jardins potagers en journée est interdit, tout comme le lavage des véhicules à domicile ou en station. Pour les jardins potagers, l’arrosage reste possible entre 18 heures et 9 heures.

Sur le plateau, où l’agriculture tient une large place, l’irrigation par aspersion est interdite entre 9 heures et 18 heures. La géologie karstique du secteur, criblée de failles, laisse l’eau s’infiltrer vite, ce qui rend les réserves plus fragiles après un été sec. En attendant le retour de pluies durables, mieux vaut suivre les prévisions locales et surveiller les arrêtés préfectoraux, qui peuvent encore être renforcés.